Chloé Coislier

Parfois tu te prends pour Claude Monet et tu fais des séries ?

… Oh oui ! C’est même des fois un défis de ne pas travailler en série, je ne peux pas m’en empêcher.La plus conséquente à aujourd’hui est celle sur les Paysages Psychédéliques. J'y développe une expérimentation sans limite autour de la question de la mémoire, de l'instant vécu, d'une émotion unique ressentie dans un moment fragile et fugace. Je dissèque le temps et fragmente le mouvement, je creuse dans l'intériorité chimique de ce qui fait la photographie argentique, égal à notre psychisme. Cette approche de la photographie la lie à mes yeux au caractère plus unique d'une peinture.
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Et plus argentique, à l’ancienne ou ancré dans la modernité avec ton numérique ? Les deux peut-être !

Argentique ! Je manipule et détériore la chimie de la pellicule, voici une image issue de la Mémoire déchirée.Travaillant sur la transmission des souvenirs, les failles de la mémoire, le psychisme, la manipulation physique de la matière est la base de mon travail. Cette matière, physique de la pellicule, et celle du psychisme, impalpable, ne sont qu’une seule est même chose.
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Tu es plutôt noir et blanc ou couleur ? Montre-nous un exemple dans tes photos !

Impossible de choisir ! J’ai commencé l’argentique avec le noir et blanc, j’ai appris à développer mes pellicules et tirer mes photo, choses bien plus difficiles en couleur, malheureusement…En ce moment et depuis quelques années c’est plutôt couleur. Mais ça dépend du sujet traité et de l’état d’esprit.Par exemple, pour le travail sur l’hystérie, j’ai travaillé en deux actes, petit clin d’oeil au « cinéma » que font les femmes, et à l’absurde de Beckett.Le premier acte : Antoine, je t’aime est en noir et blanc, le second : Hallucination est en couleurs.En plus, j’ai découvert les pellicules Washi en 2017, je suis complètement fan, on peut faire plein de choses avec, elles sont incroyables. Elles m’ont permises de renouer paysage et noir et blanc.
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Pour la carte d’identité d’un photographe c’est important : tu utilises quel(s) appareil(s) ?

J’ai utilisé pendant longtemps un Canon AE-1, puis un AE-1 program qui m’a été volé, j’ai depuis peu un Canon A-1, et je l’adore.

J’aime bien utiliser le Canon eos100, le Pentax mz-50 qui a un beug particulier, le Flexaret pour le 120 mm et le Polaroid Impulse.

J’ai aussi quelques toycamera de Lomography avec lesquels je m’amuse de temps en temps comme la Sardina, le Holga Stereo ou le Colorsplash.

Tu as déjà vécu un moment, CE moment qui rend a rendu une de tes photographies unique à tes yeux ?

Je trouve que tous les moments partagés avec un modèle sont uniques et spéciaux, j’aime cette création à deux, ressentir la tension, parler en silence et s’exprimer grâce au langage corporel. Je n’oublie aucune de mes collaborations, se sont des moments privilégiés, une mise à nue, un instant fragile.

Comment définirais-tu ton approche de la photographie ?

Je dirais expérimentale et plasticienne, en plus de la lumière, la photographie devient une matière.

On a bientôt fini… Pour nous aider à mieux te cerner : quel est ton photographe préféré, qui t’inspire ?

Dur de choisir, la preuve, je travail en série ! Blague à part, chaque photographe est unique et traite d’un sujet d’une façon remarquable. J’aime Antoine d’Agata, Fransesca Woodman, Claude Cahun, Duane Michals, David Nebreda, Mike Gong, Stan Brakhage, Tonio Oh …

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